Déchets de Ua Pou

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Gestion des déchets et de l’eau, l’île de Ua Pou, dans les Marquises-Nord continue sa marche dans l’ère durable. Le maire Joseph Kaiha, et son équipe, ont lancé de nombreux travaux. Le tāvana, qui se sent parfois délaissé par la presse locale, détaille ses ambitions.


L’île de Ua Pou est en pleine mutation. L’année 2017 sera celle du progrès, c’est en tout cas l’ambition du maire de l’île, Joseph Kaiha. Il liste les différentes étapes à parcourir pour son « bout de caillou » et ses habitants.

La politique en matière de gestion des déchets est en train de changer. Pouvez-vous nous expliquer?

Depuis le début de l’année dernière, nous avons démarré les travaux de construction d’un centre d’enfouissement technique (CET). C’est un projet qui a été initié en 2009 avec la recherche de fonds. La commune a pu bénéficier du premier contrat de projets. Le CET va coûter 370 millions. Une centaine de million est réservée à l’acquisition d’équipements : les bacs pour la population et les points d’apport volontaire. Le reste est destiné aux travaux du CET. Nous avons obtenu une partie du financement en 2012. En 2014, nous avons eu la deuxième tranche du financement : l’argent pour réaliser les travaux du CET. Nous avons lancé les appels d’offres en 2015. Aujourd’hui, les travaux sont quasiment terminés. Le CET pourrait peut-être être inauguré en février.

Est-ce que les points d’apport volontaires (PAV) ont déjà été mis en place?

Oui. Les PAV sont distribués depuis un mois avec des brochures d’informations sur le tri. Les canettes et les cartons sont mis de côté, les verres sont mis dans un autre bac, les déchets verts ne se mélangent pas avec le reste… Ici, nous allons trier ce que l’on peut trier avec les moyens du bord. Cela va demander plus de travail à nos services mais aussi des efforts aux familles pour que l’on réussisse ensemble… Il faut que tout le monde joue le jeu. Nous y travaillons depuis l’année dernière : nous avons mis en place des journées de l’environnement avec les associations et les écoles. Nous avons mis en place des journées de tri et de sensibilisation. Nous rentrons dans le même cheminement que les autres communes de Tahiti. Peut-être même que nous mettrons en place le tiki d’or pour la commune des Marquises qui trie le mieux, comme à Tahiti avec la tortue d’or… (Rires).

Comment le tri des déchets va fonctionner?

Nous allons avoir un casier où on vient déposer une partie des déchets qui n’a pas été triée, les déchets classiques et il y aura une partie des déchets qui sera stockée en déchetterie. Nous rapatrierons ces déchets sur Papeete avec un partenariat de transport maritime avec l’Aranui, qui pourrait se charger du transport avec un prix négocié.

Combien cela va-t-il coûter aux habitants?

Nous avons mis en place un forfait pour le ramassage des ordures ménagères de 6000 francs à l’année, ce qui fait 500 par mois. Cela comporte deux ramassages par semaine. Les déchets verts seront broyés. L’eau du casier sera récupérée puis amenée dans un premier bassin, où elle sera décantée. Ensuite, l’eau décantée rejoindra deux autres bassins et là l’eau évaporée sera récupérée. C’est une première, un projet expérimental au niveau de Ua Pou, île connue pour des périodes de sécheresse. Cette année, un bureau d’études, Speed, nous accompagnera pour une meilleure gestion de ces structures : voir de quelle manière on peut optimiser le CET, et surtout de tendre vers un règlement de fonctionnement des CET et de chiffrer exactement le coût de fonctionnement du CET. Nous allons rédiger ensemble le cahier des charges du CET. Ils vont nous accompagner pendant un an. Au bout d’un an, nous aurons tous les coûts, les heures d’ouverture et de fermeture. A l’issue de cet accompagnement, on pourra mettre en place une tarification qui nous permettra d’équilibrer de nouvelles recettes.

A propos de la gestion de l’eau, de côté là aussi, les choses changent-elles?

Nous avons commencé à poser des compteurs d’eau. Avant cela, la commune a réalisé, en 2012, la rénovation d’une grande partie des canalisations de l’île. C’est une opération qui nous a coûté presque 300 millions. La suite de cela est la pose des compteurs. C’est vrai que l’eau n’est pas potable mais cela nous permet tout de même de mieux gérer la consommation de la population.

Combien a coûté cette opération?

Un peu plus de 800 compteurs ont été posés. La pause a coûté 34 millions de francs. Nous sommes en train de finaliser ça. Nous avons validé un cahier des charges. Le prix est de 30 francs le mètre cube. Pendant quatre à six mois, nous allons évaluer la consommation de la population et ensuite la sensibiliser sur sa propre consommation. Tout le monde pourra bénéficier de l’eau en tout temps, que la pluie tombe ou non. Normalement, chaque famille aura de l’eau 24 heures sur 24. C’est très important, surtout sur un territoire comme les Marquises où l’eau est parfois difficile à gérer. L’eau fait partie intégrante de la vie de tous les jours, donc il ne faut pas négliger. 900 francs par mois, on peut arriver à palier tout ça. Il y a des familles qui ont besoin d’une aide ou de réduction et il est possible de le faire. Les habitants vont commencer à payer les factures au mois de juillet de cette année.

Est-ce que les habitants auront de l’eau potable un jour?

Il y a plusieurs points d’eau filtrée dans l’île. Les gens peuvent venir se servir en eau et c’est totalement gratuit. Il est prévu qu’à la fin de l’année 2024, nous puissions apporter de l’eau potable dans tous les foyers de Polynésie française… Il y a encore du pain sur la planche! Mais en tout cas, Ua Pou est une île qui avance. Nous faisons avancer les projets