40 ans après … sa voix résonne encore aux Marquises

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Le 9 octobre 1978, Jacques Brel décède des suites d’une longue maladie. Durant les dernières années de sa vie, il avait choisi de les passer sur l’île d’Hiva Oa aux Marquises, loin du monde et de son agitation.

Nous vous partageons un article du site : www.nostalgie.be  Un résumé de son parcours … fascinant !

« Il y a quarante ans, tiens 1977, cette grande année du disco et du punk, qui était donc N°1 des ventes d’albums en Belgique ? Jacques Brel ! Un grand 33 tours tout bleu qui ne porte pas de nom mais qu’on surnommera plus tard, Les Marquises.

Pourquoi ? Parce que c’est le titre de la chanson qui clôture l’album et puis aussi parce que c’est là que Brel réside depuis maintenant quatre ans. Les Marquises c’est non seulement de l’autre côté de la Terre par rapport à nous mais c’est une petite terre perdue au milieu de l’océan à mi-chemin entre le Mexique et la Nouvelle Zélande. Enfin, le chemin, 7.500 kilomètres de flotte de chaque côté !

Comment a-t-il échoué là ? Avec son voilier. Je vous explique.

En 1966, Brel décide d’arrêter les galas qui lui remplissent la vie.

En 1968, il fait ses adieux, cette fois aux albums de chansons.

En 1973, il en est déjà à 10 films tournés en six ans. Brel est vraiment un ogre qui se donne à fond dans tout ce qu’il fait.

Alors, comme tous les dévoreurs, il plaque tout et décide de faire le tour du monde en bateau avec sa fille et sa nouvelle compagne. Pendant 3 ou 5 ans, on verra. Mais l’aventure tourne court. Brel malade, demi-tour, diagnostic cancer du poumon, opération lourde. Et pourtant il repart cette fois en couple. La traversée est compliquée, avec un seul poumon.

Et là il débarque en 1974 aux Marquises pour une halte qui sera définitive. L’endroit est fascinant et loin de tout : comprenez par là qu’il n’y a ni paparazzi ni même personne qui le connaisse parmi les 1.500 habitants.

Brel achète une petite maison et vit simplement, sobrement, mais heureux. L’achat d’un avion, oui, il est pilote finit de l’intégrer. Vous avez besoin d’un truc qu’il n’y a qu’à Tahiti ? Jacques vous y emmène. Le courrier n’arrive qu’une fois par mois ? Jacques va aller le chercher toutes les semaines à la Poste de la Polynésie pour le distribuer lui-même. Et il en profite pour en ramener des bobines de film qu’il projette en plein air pour toute la ville. Une nuit, il fera éclairer la piste par les phares des jeeps des habitants afin d’emmener d’urgence un enfant à l’hôpital pour lequel il donnera plus tard un concert privé.

C’est donc aux Marquises que Jacques Brel compose de nouvelles chansons. Il s’y remet chaque matin, très tôt, avant d’entamer sa journée.

En juillet 1977, il rentre à Paris pour se faire soigner, son cancer s’est aggravé, il doit se faire soigner. Il dit à ses amis que c’est un aller simple mais il croit quand même en ses chances. Alors il enregistre ses chansons, discrètement, à l’abri de la presse. Répétitions chez Juliette Gréco, puis le studio, deux titres par jour pour l’économiser. Une seule prise et en live avec tout l’orchestre.

Le disque sort à la mi-novembre à la surprise générale sans annonce, ni single radio, ni interview. C’est la ruée en magasins, 100.000 albums vendus en un rien de temps puis 400, puis un million. Brel voulait en enregistrer un autre, il n’en aura pas l’occasion. »

crédits photo : www.nostalgie.be0